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Frieren tome 1 : mon avis sur le manga phénomène de Ki-oon

Il y a des mangas qui cherchent à vous accrocher dès les premières pages avec un combat spectaculaire, un pouvoir mystérieux ou un grand méchant à abattre. Frieren prend exactement le chemin inverse.

Lorsque j’ai ouvert le premier tome de Frieren, publié en France chez Ki-oon, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Une elfe, un groupe de héros et… un Roi Démon déjà vaincu. Sur le papier, on dirait davantage la fin d’un RPG que le début d’une aventure.

Et c’est justement là que Kanehito Yamada et Tsukasa Abe trouvent leur excellente idée : commencer leur histoire au moment précis où beaucoup d’autres mangas se termineraient.

Sorti en France le 3 mars 2022, ce premier volume m’a laissé une impression assez particulière : celle d’avoir vu passer plusieurs décennies en seulement quelques heures de lecture. Voici donc mon avis sur le tome 1 de Frieren, ses qualités, ses quelques faiblesses et ce que j’ai pensé de l’édition proposée par Ki-oon.

Frieren : une aventure qui commence après la victoire

Himmel, Frieren, Eisen et Heiter ont réussi l’impossible. Après dix années d’aventure, le groupe a vaincu le Roi Démon et revient à la capitale sous les acclamations.

Médailles, célébrations, retrouvailles avec la population… puis vient le moment de se séparer.

Pour Himmel, Eisen et Heiter, ces dix années représentent une partie importante de leur existence. Pour Frieren, une elfe dont l’espérance de vie se compte en siècles, elles ne représentent presque rien.

Avant de partir, elle propose simplement à ses anciens compagnons de se revoir dans cinquante ans.

Et c’est là que Frieren frappe très fort : cinquante années semblent presque insignifiantes pour elle, alors qu’elles représentent une vie entière pour ses amis humains.

J’ai immédiatement accroché à cette idée. Pas de longue présentation expliquant comment le groupe s’est constitué, pas d’entraînement ni de quête pour vaincre le grand méchant. Nous arrivons volontairement trop tard.

L’aventure héroïque appartient déjà au passé.

Elle ne nous sera racontée que par petits fragments : une statue, une anecdote, une blague de Himmel ou encore une nuit passée à regarder les étoiles.

Le choc des cinquante années

Lorsque Frieren revient comme promis cinquante ans plus tard, elle n’a pratiquement pas changé.

Himmel, lui, est devenu un vieil homme.

Ses cheveux sont blancs, son corps s’est courbé et le héros qui avait autrefois sauvé le monde semble déjà appartenir à une autre époque.

Puis vient son enterrement.

La scène m’a particulièrement marqué parce qu’elle ne cherche jamais à forcer l’émotion. Pas de grand discours ni de mise en scène excessive. Frieren reste simplement là et comprend, beaucoup trop tard, qu’elle n’a finalement jamais vraiment cherché à connaître cet homme avec lequel elle avait pourtant voyagé pendant dix ans.

C’est à ce moment que j’ai compris que le véritable sujet de Frieren n’était probablement pas la magie ou les démons.

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C’est le temps.

Et surtout ce que l’on fait du temps passé avec les autres.

Si vous souhaitez prolonger cette réflexion après le manga, j’ai également partagé mon avis complet sur l’anime Frieren, qui reprend ces thèmes avec une approche forcément différente grâce à l’animation et à la musique.

Fern apporte un regard beaucoup plus humain

C’est de ce regret que naît véritablement la nouvelle aventure de Frieren.

Heiter, désormais âgé, lui confie Fern, une jeune orpheline qu’il a élevée et qui possède déjà de solides aptitudes pour la magie.

J’ai beaucoup aimé la dynamique entre les deux personnages.

Frieren peut parfaitement décider de consacrer plusieurs mois à la recherche d’un grimoire contenant un sort totalement inutile. Fern, elle, voit le temps passer.

L’une raisonne en décennies. L’autre en années.

Ces deux perceptions du temps créent à la fois des situations amusantes et une certaine mélancolie. Même lorsque rien de spectaculaire ne se produit, on sent constamment que Fern vieillit tandis que Frieren reste pratiquement immuable.

Ce que j’ai vraiment ressenti pendant la lecture

Je pensais commencer une aventure d’heroic fantasy relativement classique. J’ai finalement découvert quelque chose de beaucoup plus contemplatif.

Un village. Une tombe. Un vieux souvenir. Un sort oublié. Quelques jours de marche. Une rencontre.

Puis on repart.

Frieren avance comme un long voyage à pied. On marche, on s’arrête pour regarder le paysage, puis on reprend la route.

Cette construction ne plaira évidemment pas à tout le monde.

Si vous attendez un adversaire puissant toutes les trente pages et des combats interminables, ce premier tome risque de vous sembler particulièrement lent.

Mais une fois que j’ai accepté son rythme, j’ai commencé à apprécier énormément ces ellipses temporelles.

  • Un chapitre se termine et l’hiver est passé.
  • Quelques pages plus tard, Fern a grandi.
  • Une statue autrefois neuve commence à s’abîmer.
  • Des habitants ne reconnaissent même plus les anciens héros.

Le manga n’explique pas constamment que le temps passe : il nous le montre.

Un manga qu’il vaut mieux ne pas lire trop vite

J’ai lu ce premier volume en deux fois.

Ma première lecture, un peu trop rapide, m’avait laissé l’impression d’un récit presque mou. En prenant davantage mon temps, j’ai commencé à remarquer tous les petits détails qui donnent son charme à la série.

Frieren qui collectionne des sorts improbables, ses réactions complètement décalées, les petits silences entre les personnages, les paysages, les chemins vides…

Tsukasa Abe laisse régulièrement ses cases respirer.

Personnellement, j’aime beaucoup. Mais je comprends parfaitement que certains lecteurs puissent s’ennuyer.

À la fin du tome, une question me restait surtout en tête : que représente une amitié lorsque l’un des deux personnages possède encore mille années devant lui ?

Le manga ne donne évidemment pas encore la réponse. Mais il donne suffisamment envie de la chercher pour ouvrir le tome suivant.

Deuil, souvenirs et magie : les thèmes qui m’ont marqué

Le deuil occupe évidemment une place centrale, mais je trouve que réduire Frieren à un manga triste serait une erreur.

Il parle également de mémoire, de transmission et de la manière dont les souvenirs évoluent avec le temps.

Les statues s’abîment. Les habitants oublient progressivement le visage des héros. Les anecdotes prennent parfois plus d’importance que les grandes batailles.

Et au milieu de tout cela, Frieren continue tranquillement à collectionner des sorts comme quelqu’un collectionnerait des cartes postales.

Ce contraste fonctionne particulièrement bien.

Une page peut être mélancolique et la suivante franchement amusante. C’est cette légèreté qui empêche, à mon avis, le manga de devenir trop pesant.

Frieren tome 1 manga Ki-oon
Aperçu du tome 1 du manga Frieren publié chez Ki-oon

Que vaut le dessin de Tsukasa Abe dans ce premier tome ?

Graphiquement, Frieren ne cherche pas à impressionner à chaque page.

Le trait de Tsukasa Abe est propre et relativement sobre sur les personnages, mais beaucoup plus généreux lorsqu’il s’agit de représenter les décors.

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Forêts, villages, rivières, ruines, chemins et ciels occupent une vraie place dans le récit. Et c’est important, car le voyage lui-même constitue presque un personnage.

J’aime également beaucoup la façon dont les personnalités passent par les expressions.

  • Frieren conserve souvent un visage presque impassible.
  • Himmel dégage au contraire énormément de chaleur.
  • Fern possède déjà ce regard beaucoup trop sérieux pour son âge.

Les combats sont rares et très lisibles. N’attendez pas ici une débauche d’effets façon gros shonen d’action.

La puissance de Frieren est parfois davantage perceptible dans la réaction des personnages qui connaissent sa véritable force que dans ce qui apparaît directement sur la page.

J’ai d’ailleurs préféré les scènes autour d’une table, d’un feu de camp ou sur la route aux affrontements de ce premier volume.

Petit bémol malgré tout : certaines planches du début expliquent un peu trop les relations entre les personnages au lieu de nous les faire ressentir. Heureusement, les nombreux flashbacks corrigent progressivement ce défaut.

L’édition Ki-oon du tome 1 est-elle réussie ?

Pour cette arrivée en France, Ki-oon a proposé une édition particulièrement propre : lecture dans le sens original, traduction de Géraldine Oudin, jaquette brillante et papier agréable.

L’édition standard tourne autour des 192 pages et constitue, à mon sens, largement le meilleur choix pour découvrir la série.

Lors du lancement, Ki-oon avait également proposé une édition collector comprenant notamment une mallette cartonnée, le manga, un mini-artbook et plusieurs bonus.

Version Contenu Pour qui ?
Édition standard Tome 1, jaquette, environ 192 pages Idéale pour découvrir Frieren
Collector de lancement Mallette, tome, mini-artbook et goodies Collectionneurs et fans de la série
Mon choix Édition standard Le meilleur choix pour une première lecture

Dans mon exemplaire, je n’ai relevé aucune coquille réellement gênante et l’adaptation se lit naturellement. L’objet reste relativement classique, mais l’édition française rend parfaitement justice au manga.

Une vidéo pour découvrir le collector Frieren de Ki-oon

Si vous êtes curieux de voir à quoi ressemblait le starter collector proposé lors du lancement, cette vidéo permet notamment d’apercevoir la mallette, le mini-artbook et la présentation générale de l’édition.

À qui je conseille le tome 1 de Frieren ?

Après cette première lecture, je conseillerais particulièrement ce manga aux lecteurs qui apprécient :

  • 🌿 la fantasy calme et contemplative ;
  • ⏳ les histoires autour du temps, des souvenirs et du deuil ;
  • 🧙 les univers où la magie fait partie du quotidien ;
  • 🛤️ les voyages, villages et rencontres plutôt que les combats permanents ;
  • 💭 les personnages dont les sentiments se dévoilent progressivement.

En revanche, si vous recherchez avant tout un manga avec un combat toutes les quelques pages, un héros débordant d’énergie et une intrigue qui avance à toute vitesse, ce premier volume pourrait vous laisser sur votre faim.

Pour ceux qui connaissent déjà l’adaptation animée, le manga offre également une autre façon de vivre l’histoire. Le trait fixe et les silences des cases renforcent parfois encore davantage cette sensation de temps suspendu.

Et si vous avez déjà poursuivi l’aventure à l’écran, vous pouvez également lire mon avis sur la saison 2 de l’anime Frieren.

Les quelques défauts du premier tome

Je ne vais tout de même pas présenter ce volume comme un manga parfait.

Il s’agit avant tout d’un tome de mise en place. L’intrigue générale reste encore assez floue et plusieurs éléments sont seulement esquissés : les démons encore présents, le voyage vers le nord ou encore toute l’étendue des capacités de Frieren.

Certains lecteurs risquent donc de refermer le volume avec cette question : « C’était joli, mais où est-ce que l’histoire veut réellement m’emmener ? »

Frieren elle-même peut également sembler froide, voire presque détachée de tout ce qui l’entoure.

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Mais c’est justement l’un des enjeux du récit.

Fern manque encore un peu de développement et Eisen comme Heiter disposent finalement de peu de scènes. Elles sont suffisamment réussies pour rendre les personnages attachants, mais trop courtes pour réellement apprendre à les connaître.

Enfin, le dessin de Tsukasa Abe reste parfois assez simple dans ce premier volume, notamment sur certaines anatomies ou dans les scènes comprenant beaucoup de personnages.

Rien qui ait réellement gêné ma lecture.

Ma note pour Frieren tome 1 : 17/20

★★★★☆ – 17/20

Ce premier tome m’a vraiment plu, avec un gros coup de cœur pour son idée de départ et une petite réserve concernant son rythme.

Je ne me suis pas dit en refermant le manga : « je viens de lire le meilleur manga de ma vie ».

En revanche, j’ai immédiatement eu envie de continuer.

Et surtout, Frieren est restée dans ma tête après avoir refermé le livre.

S’il ne fallait conserver qu’une scène de ce premier volume, ce serait pour moi Frieren devant la tombe de Himmel, comprenant qu’elle n’a jamais vraiment pris le temps de connaître celui avec lequel elle avait pourtant partagé dix années de sa vie.

La magie, les grimoires, les démons et les voyages semblent finalement tourner autour d’une même question :

Comment apprendre à aimer des personnes dont l’existence paraît si courte lorsque notre propre vie semble presque infinie ?

C’est simple, mélancolique et terriblement efficace.

Mon verdict : faut-il acheter le tome 1 de Frieren ?

Oui, je recommande clairement ce premier tome.

Mais je vous conseille de ne pas le lire dans la précipitation.

Installez-vous, prenez votre temps et acceptez ses silences. Si après une cinquantaine de pages son rythme vous pèse toujours, Frieren n’est probablement tout simplement pas une série faite pour vous.

En revanche, si une vieille statue oubliée, une anecdote sur Himmel ou un sort complètement inutile suffit à éveiller votre curiosité, il y a de fortes chances que vous ayez envie d’enchaîner avec la suite.

Et l’univers est encore loin d’avoir livré tous ses secrets : pour savoir jusqu’où l’adaptation animée va poursuivre cette aventure, retrouvez également les premières informations sur la saison 3 de Frieren.

Questions fréquentes sur le tome 1 de Frieren

Le premier tome de Frieren est-il trop lent ?

Oui et non. Si vous jugez le rythme d’un manga au nombre de combats, Frieren vous semblera probablement lent. En revanche, si vous appréciez les récits contemplatifs, les ellipses temporelles et les petites histoires rencontrées au fil d’un voyage, ce rythme fait justement partie de son charme.

Faut-il avoir vu l’anime avant de lire le manga ?

Non, absolument pas. Vous pouvez parfaitement commencer par le manga. L’anime apporte naturellement la musique, les couleurs, les voix et le mouvement, tandis que le papier permet de contrôler soi-même son rythme de lecture. Les deux expériences sont complémentaires.

Quelle édition choisir pour commencer Frieren ?

L’édition standard de Ki-oon suffit largement pour découvrir la série. Si vous trouvez le collector de lancement à un tarif raisonnable, son mini-artbook peut intéresser les collectionneurs. Pour une première lecture, je privilégierais néanmoins le tome standard.

À partir de quel âge peut-on lire Frieren ?

Le premier tome ne présente rien de particulièrement violent pour un adolescent. En revanche, les thèmes du deuil, du temps qui passe et des relations que l’on regrette de ne pas avoir davantage cultivées auront probablement une résonance différente selon l’âge du lecteur.

Est-ce que Frieren devient plus rythmé après le tome 1 ?

Le premier volume sert beaucoup à installer Frieren, Fern et les thèmes centraux de l’œuvre. L’univers et les enjeux vont ensuite progressivement s’étoffer, mais la dimension contemplative reste une composante essentielle de l’identité de la série.

Jean-Baptiste

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