Home » Critiques de Mangas » Ryukyu Buccaneer tome 1 : mon avis sur le nouveau manga de pirates de Glénat.

Ryukyu Buccaneer tome 1 : mon avis sur le nouveau manga de pirates de Glénat.

Un manga de pirates, une chasse au trésor, le Japon de la fin du shogunat et un héros originaire du royaume de Ryukyu : sur le papier, Ryukyu Buccaneer avait déjà tout ce qu’il fallait pour attirer mon attention.

Ce nouveau seinen scénarisé par Rainy Kamitsuki et dessiné par Doi Nau nous emmène pourtant assez loin de l’image classique du manga de pirates. Ici, pas de grande mer turquoise ni d’équipage joyeux parti à l’aventure : le premier tome sent davantage la pauvreté, les complots politiques, les lames et la rancœur.

J’ai donc ouvert ce premier volume avec beaucoup de curiosité, mais également avec une petite méfiance face aux comparaisons avec One Piece et Golden Kamuy. Après lecture, je comprends d’où elles viennent… même si Ryukyu Buccaneer possède déjà une personnalité assez différente.

⚔️ Mon avis en quelques secondes

Ryukyu Buccaneer démarre comme une aventure historique sombre et efficace. Son principal atout ? Un cadre rarement exploité dans le manga : le royaume de Ryukyu au XIXe siècle. Le scénario prend parfois quelques raccourcis, mais le dessin, Muta et la promesse d’une immense chasse au trésor donnent clairement envie d’embarquer pour la suite.

De quoi parle le tome 1 de Ryukyu Buccaneer ?

Nous sommes à la fin du shogunat. Les navires noirs ont déjà ébranlé Edo et, sur les îles du royaume de Ryukyu — correspondant notamment à l’actuelle Okinawa —, le clan Hanagusuku a perdu son rang.

Muta Hanagusuku n’a plus grand-chose du noble qu’il aurait pu devenir. Il vole pour survivre et surtout pour payer les soins de sa mère malade.

Son quotidien bascule lorsqu’une rumeur commence à circuler : un pirate légendaire aurait dissimulé un trésor suffisamment important pour bouleverser l’équilibre du pays.

Des samouraïs de Satsuma s’intéressent évidemment à l’affaire. Muta est pris dans un engrenage qui le dépasse : vol, accusation d’un crime qu’il n’a pas commis, carte au trésor et manipulations politiques.

Ce qui ressemblait encore quelques pages auparavant à une histoire de survie dans les rues de Naha se transforme progressivement en grande chasse au trésor.

Un contexte historique qui donne immédiatement du relief au manga

C’est probablement l’une des choses que j’ai le plus appréciées dans ce premier tome.

Ryukyu Buccaneer ne pourrait pas simplement déplacer son intrigue à Edo sans perdre une partie de son intérêt.

Depuis 1609, le domaine de Satsuma exerce son influence sur le royaume de Ryukyu. Cette situation historique particulière nourrit directement le scénario et surtout la colère de Muta.

Lire aussi :  Mon avis sur le tome 1 du manga Le dernier écrivain de Chitose Akai sorti chez Glénat

Le personnage ne rêve pas simplement de liberté ou d’aventure. Il appartient à une lignée ruinée et vit dans une société où les rapports de domination sont visibles partout autour de lui.

Son désir de revanche devient donc beaucoup plus concret.

Muta : un héros qui a déjà de bonnes raisons d’être en colère

Muta fonctionne justement parce qu’il n’est pas présenté comme un héros parfait.

Il vole. Il agit parfois avant de réfléchir. Il possède une rancœur profonde envers ceux qu’il considère responsables de la situation de son île.

Mais il possède également une motivation extrêmement simple : sa mère est malade et il lui faut de l’argent.

J’ai beaucoup aimé ce point. Le trésor n’est pas encore un rêve romantique. Pour Muta, l’argent représente d’abord une possibilité de sortir de la misère, de payer les soins et de ne plus avoir à ramper devant ceux qu’il déteste.

Muta et Shinsen : un duo qui fonctionne immédiatement

Face à lui apparaît Suzuki Shinsen, samouraï de Satsuma beaucoup plus calme et difficile à cerner.

Le contraste entre les deux personnages fonctionne très bien : d’un côté, Muta, impulsif, physique et profondément attaché à Naha ; de l’autre, Shinsen, beaucoup plus posé, poli et capable d’avancer ses pions sans dévoiler ses intentions.

Et surtout, le manga ne cherche pas à les transformer immédiatement en meilleurs amis.

Ils avancent ensemble parce que les circonstances les y obligent. Chacun conserve ses propres objectifs et j’espère vraiment que la série continuera à jouer avec cette méfiance.

📚 À lire aussi sur Kamaji : si l’idée d’une chasse au trésor historique opposant plusieurs factions vous attire, vous pouvez découvrir la fiche de Golden Kamuy, une référence assez naturelle pour comprendre certaines comparaisons faites autour de Ryukyu Buccaneer.

Dessin du premier tome du manga Ryukyu Buccaneer

Le dessin de Doi Nau : l’une des très bonnes surprises du tome

Le trait de Doi Nau m’a convaincu encore plus rapidement que le scénario.

Les personnages possèdent des visages anguleux, les corps donnent une véritable impression de poids et les affrontements restent faciles à suivre. Lorsqu’un personnage frappe ou dégaine une lame, on comprend immédiatement le mouvement.

Mais ce sont finalement les scènes plus calmes qui m’ont parfois le plus marqué.

Les ruelles de Naha, les maisons, les marchés, la mer constamment présente en arrière-plan ou encore certaines scènes nocturnes donnent une véritable identité au manga.

On ne se trouve pas dans un Japon historique générique rempli de samouraïs simplement parce que l’intrigue se déroule au XIXe siècle.

On sent que l’histoire se déroule sur une île.

Un voleur qui traverse une rue, une mère alitée, un officier qui sourit un peu trop longtemps : Doi Nau arrive déjà à installer une atmosphère avec assez peu d’éléments.

Un Bakumatsu qui sent davantage le sel que la leçon d’histoire

Autre bonne surprise : le contexte historique ne transforme jamais la lecture en cours magistral.

Les informations passent principalement par les personnages, leurs noms, leurs relations et leur position dans la société.

Le royaume de Ryukyu n’est donc pas seulement un décor exotique ajouté autour d’une chasse au trésor.

Cette approche m’a parfois rappelé Golden Kamuy, notamment pour l’utilisation d’un territoire particulier et pour la présence de plusieurs factions attirées par un même butin.

Lire aussi :  Mon avis sur le tome 2 de Dragon Ball Full Color – Les Saiyans d'Akira Toriyama

La comparaison avec One Piece, régulièrement mise en avant autour de la série, me semble en revanche plus lointaine.

One Piece possède un humour, un imaginaire et une dimension mythologique beaucoup plus importants. Ryukyu Buccaneer est pour le moment nettement plus sec, plus historique et plus rancunier.

🏴‍☠️ Vous aimez les histoires de pirates ?

Kamaji possède également une fiche consacrée au manga One Piece. Les deux œuvres parlent de trésor et de pirates, mais leur manière d’aborder l’aventure est pour l’instant radicalement différente.

Le rythme du premier tome est-il réussi ?

Globalement, oui.

Le manga ne perd pas beaucoup de temps : Muta vole, se retrouve accusé, découvre l’existence de la carte et se fait rapidement aspirer par une affaire beaucoup plus importante que lui.

Cette efficacité possède néanmoins un petit défaut : certains passages auraient mérité quelques pages supplémentaires.

J’aurais notamment aimé rester un peu plus longtemps dans le quotidien de Muta et auprès de sa mère avant que la grande aventure ne commence réellement.

Le basculement entre le petit voleur de Naha et la chasse au trésor nationale arrive donc légèrement vite à mon goût.

Ce n’est pas réellement gênant, mais quelques scènes supplémentaires auraient probablement renforcé encore davantage les motivations du personnage.

La bande-annonce donne une bonne idée de l’ambiance

Le PV officiel japonais, réalisé dans le cadre d’une collaboration autour du titre Seeker, restitue plutôt bien ce que j’ai ressenti pendant la lecture : des lames, la mer et surtout une impression de course permanente.

Évidemment, une vidéo promotionnelle ne remplace pas la lecture, mais elle permet de découvrir rapidement l’ambiance visuelle de la série.

Ce que j’ai aimé… et ce qui m’a un peu moins convaincu

👍 Les points forts

  • Un héros ryukyuan inhabituel et intéressant.
  • Un cadre historique rarement exploité.
  • La relation déjà tendue entre Muta et Shinsen.
  • Un dessin particulièrement convaincant.
  • Des décors de Naha qui donnent une vraie identité au manga.
  • Une chasse au trésor qui promet plusieurs factions et trahisons.
👎 Mes petites réserves

  • Le passage vers la grande chasse au trésor arrive assez vite.
  • Certains personnages secondaires restent encore de simples silhouettes.
  • J’aurais aimé davantage de scènes consacrées au quotidien de Muta.

Mais pour un tome d’introduction, le contrat est rempli : un territoire, un conflit, deux personnages principaux et une promesse d’aventure.

Ma note pour Ryukyu Buccaneer tome 1

Critère Note Mon ressenti
Scénario 7,5/10 Solide, même si le passage vers la carte au trésor est un peu rapide.
Dessin et mise en scène 8/10 Un trait accrocheur et une vraie personnalité dans les décors.
Envie de lire la suite 8,5/10 Le bateau vient à peine de partir et j’ai déjà envie de connaître la suite.

À qui conseiller ce premier tome ?

Ryukyu Buccaneer devrait principalement parler aux lecteurs qui aiment les seinen d’aventure, les récits historiques et les histoires de chasse au trésor où plusieurs personnages poursuivent des objectifs différents.

Si vous cherchez uniquement de gigantesques batailles navales dès les premières pages, ce premier volume risque en revanche de vous sembler assez terre à terre.

La série prend d’abord le temps de présenter Muta, Naha et le contexte politique avant d’élargir progressivement son terrain de jeu.

C’est justement ce qui m’intéresse pour la suite.

📖 Une autre découverte manga : pour rester dans les critiques de premiers tomes, vous pouvez également lire mon avis sur le tome 1 de Frieren, une œuvre beaucoup plus contemplative mais qui montre elle aussi combien un univers peut se construire dès son premier volume.

Pourquoi le royaume de Ryukyu change vraiment la donne

Des mangas avec des samouraïs, nous en avons déjà énormément. Des récits situés pendant le Bakumatsu également.

Lire aussi :  Mon avis sur le tome 1 du manga L'Héritière du Dragon d'Asuka Ishii édité chez Gléna

Déplacer le centre de l’histoire vers Ryukyu permet immédiatement de regarder cette période depuis une autre perspective.

On découvre une société maritime possédant sa propre histoire, ses relations avec la Chine, son rapport compliqué avec Satsuma et des personnages qui n’observent pas nécessairement le Japon depuis son centre.

Muta résume assez bien cette idée.

Il ne cherche pas un trésor simplement parce qu’il rêve d’aventure. Il veut de l’argent parce qu’il connaît déjà la pauvreté, les dettes et l’humiliation.

Cette motivation très terre à terre me parle davantage, pour l’instant, qu’un grand discours sur la liberté des mers.

Mon verdict sur Ryukyu Buccaneer tome 1

Je referme ce premier tome avec une impression plutôt positive.

Ryukyu Buccaneer ne m’a pas encore donné l’impression de découvrir un futur chef-d’œuvre, mais il m’a clairement donné envie de lire le tome 2.

Le héros possède suffisamment de caractère, le dessin de Doi Nau fonctionne très bien et surtout, le cadre historique autour de Ryukyu apporte une identité que je n’attendais pas forcément aussi forte dès le premier volume.

Le scénario va parfois un peu vite lorsqu’il doit faire passer Muta de ses petits vols quotidiens à une affaire susceptible de bouleverser le pays. Mais le rythme reste fluide et les dernières pages donnent véritablement la sensation que l’aventure vient seulement de commencer.

★★★★☆
Ma note : 8/10

Un premier tome imparfait mais très prometteur, porté par son cadre historique, son héros et une vraie envie d’aventure.

En refermant le livre, je n’avais pas l’impression d’avoir déjà traversé l’océan. J’avais plutôt l’impression de voir le bateau quitter lentement le port.

Et pour un premier tome, c’est exactement ce que j’attendais.

Questions fréquentes sur Ryukyu Buccaneer

Faut-il connaître l’histoire du royaume de Ryukyu avant de lire le manga ?

Non. Le premier tome donne suffisamment d’éléments pour comprendre la situation de Muta, la présence de Satsuma et les tensions qui entourent son île. Connaître un peu l’histoire de Ryukyu permet néanmoins d’apprécier davantage certains détails.

Ryukyu Buccaneer ressemble-t-il vraiment à One Piece ?

Pour le moment, assez peu. Les deux mangas partagent l’idée des pirates, du trésor et de l’aventure, mais Ryukyu Buccaneer adopte un ton beaucoup plus historique, sombre et terre à terre.

La comparaison avec Golden Kamuy est-elle plus pertinente ?

Elle me paraît plus naturelle. On retrouve notamment une chasse au trésor, plusieurs factions et un contexte historique très présent. Les deux mangas conservent néanmoins leur propre identité.

Le premier tome contient-il beaucoup de combats ?

Il y a déjà de l’action, mais ce volume reste avant tout un tome de mise en place. Il présente Muta, Shinsen, le contexte de Ryukyu et les premiers enjeux liés au trésor.

Est-ce que j’ai envie de lire le tome 2 ?

Oui, clairement. Le premier volume laisse suffisamment de questions ouvertes et de personnages ambigus pour donner envie de découvrir jusqu’où cette chasse au trésor va entraîner Muta.

Jean-Baptiste

Laisser un commentaire